Grignotines métropolitaines
Photographiée par : Tony Hird
Il est temps de parfaire vos connaissances Google Maps et de repasser votre plus belle bavette! Notre ville vient de revoir le règlement établi en 1947 limitant les marchands de nourriture mobile aux propriétés fédérales et provinciales ainsi qu’aux festivals. Les camions de nourriture pèsent sur le gaz et partent à la recherche d’une multitude de choix de produits pour nous servir de la bonne bouffe de rue fraîche et faite ici. Si tout va bien, il y aura beaucoup plus de gens errants dans les rues à la recherche de ces petits plats recyclables pour emporter et qui licheront leurs assiettes en pleine euphorie de la multitude de camions de nourriture.
Des camions de nourriture tels que Lucky’s Truck et Pas d’cochon dans mon salon placent la barre haute afin que Montréal se joigne au rang des villes possédant une culture de nourriture de rue vibrante et unique. Pour un avant-goût de ce qui est à venir et de ce qui est déjà à notre portée :
Depuis mai 2012, les employés de Lucky’s servent des délicieux sandwichs et des poutines gourmet avec une passion épicurienne. À partir de produits frais du marché, Lucky’s concocte des menus reflétant les saisons. Pour goûter leurs saveurs estivales, essayez leur sandwich de homard des îles avec mayo maison, mangues, tomates cerise, lime et basilic frais! Si vous ne raffolez pas des fruits de mer, le reste du menu se lit comme le rêve du roi du BBQ. Nous avons un penchant pour leur sandwich de porc effiloché avec une sauce BBQ au rhum épicé…

Présenté à vous par quatre cuisiniers experts de La salle à manger, Pas d’cochon dans mon salon vous invite à venir vous extasier devant leurs tarifs abordables. Travaillant avec des animaux complets pour assurer une qualité et une fraicheur exceptionnelles, ils utilisent toutes les parties de la bête autant que possible avec des produits saisonniers du Québec. Profitez du BBQ à cuisson lente (viande fumée, tout ce qui vient du porc et du poisson grillé), ou de la nourriture plus légère comme des huîtres, du carpaccio de boeuf, et du Tartare du moment.

~
1. Avez-vous commencé à rêver et à comploter pour un avenir plus savoureux en l’absence du vieux règlement, ou doutez-vous des changements alimentaires importants qui viendront sur la scène montréalaise?
- Valérie Impala (Lucky’s Truck) -
C’est certain qu’en tant que copropriétaire d’un food truck, je me vois espérer un changement dans la réglementation autant pour mon commerce que pour répondre aux demandes des Montréalais. Montréal est une super ville culinaire, on voit des camions partout dans les grandes villes, pour moi, ça va de soi qu’il devrait en avoir aussi ici. J’ai l’impression que ça pourrait se faire très bientôt, je dis cela sous réserve, mais je crois que la ville commence à y voir de très bons côtés. Chose certaine la demande des consommateurs est la, nous pouvons le constater à chacune des sorties du camion et plus particulièrement lors des soirées de nourriture de rue à l’esplanade du Parc olympique tous les premiers vendredi de chaque mois.
- Julien Hébert (Pas d’cochon dans mon salon) -
Des doutes? Pas du tout! Nous ne pouvons trouver une seule bonne raison de ne pas avoir de la bouffe de rue à Montréal. Nous croyons sincèrement que cela peut être réalisé de façon très positive, autant pour Montréal que pour les Montréalais. En ce qui concerne la partie de la question qui demande si nous avons déjà commencé à rêver, la réponse est oui!! Nous sommes des rêveurs, et si nous n’en étions pas nous n’aurions pas fondé cette entreprise en premier lieu.
2. Que faites-vous des gens qui sont pour la vieille loi, argumentant que les vendeurs ambulants constituent une menace compétitive pour les restaurants établis tout en ne respectant pas les règles d’hygiène?
- V.I. -
Si on revient dans le contexte de 1947, les arguments pouvaient être valables. Aujourd’hui ces arguments, à mon avis ne sont plus actuels. Nous sommes soumis aux mêmes règles et vérifications qu’un restaurant et nous devons obtenir le même permis pour opérer. Nous avons une cuisine de production qui doit également être conforme à ces normes. En ce qui concerne la compétition, je crois que nous répondons à une demande différente, là où un restaurant ne peut ouvrir ses portes. Je pense aux parcs, aux grands espaces publics. Nous n’avons aucune envie d’aller nous poster devant un restaurant existant. Ce n’est pas bon pour personne, nous que les commerces ayant pignon sur rue.
- J.H. -
Avec la MAPAQ* déjà en place, les protocoles d’hygiène pour les camions de nourriture sont exactement les même que celui pour les restaurants. Si c’est assez bon pour l’un, mon avis est que c’est tout aussi bon pour l’autre. Pour ce qui est de l’argument de la compétition, nous vivons dans une société libérale capitaliste où la compétition est censée être une bonne chose. C’est censé apporter les meilleurs produits aux meilleurs prix pour les consommateurs, donc nous ne voyons pas en quoi cela devrait être différent au niveau de la restauration. Dans tous les cas, vous n’allez pas voir un bon restaurant fermer parce qu’il y a un camion de nourriture ambulant à trois coins de rue. Pour ce qui est des restaurants pas si bon et pas si populaire, voulons-nous vraiment les garder?
*) MAPAQ est la Ministère de l’Agriculture, Pêcheries et Alimentations du Québec. La mission de la Ministère, c'est d'appuyer « une offre alimentaire de qualité et promouvoir l’essor du secteur bio-alimentaire dans une perspective de développement durable, pour le mieux-être de la société québécoise. »
3. Quels sont les endroits hors limite pour le moment que votre camion aimerait tant visiter, et pourquoi?
- J.H. -
Nous voudrions nous stationner proche des stations de métro pour les gens qui ont faim et qui sont pressés après le travail, ainsi que proche des CÉGEPS et des universités, là où les gens aiment la bonne nourriture et n’ont pas beaucoup d’argent. Aussi, à l’intérieur ou proche des parcs, comme le parc Lafontaine ou le parc Maisonneuve, et dans certains endroits plus éloignés tels que la Plage de l’Horloge et le Parc Lachine.

4. Qu’arrive-t-il lorsque l’hiver s’en vient? Est-ce que les camions peuvent être isolés ou bien c’est une entreprise saisonnière?
- V.I. -
En hiver, il y a aussi des évènements extérieurs auxquels les camions peuvent participer dépendamment des installations des camions à savoir s’ils sont isolés ou non. Aussi à travers l’ARRQ, nous allons organisé des activités de nourriture de rue intérieur un peu comme nous faisons aux « 1ers Vendredis » au Parc Olympique, mais à l’intérieur. Nous travaillons sur la saison hivernale. Mais c’est un fait que les activités sont plus au ralenti janvier-février dû aux conditions climatiques.
- J.H. -
C’est la plus grosse question pour le moment. Nous pensons que nous pouvons servir de la nourriture à partir du camion toute l’année, mais nous ne savons pas s’il y aura trop de neige dans les rues pour se garer, et si les gens vont vouloir aller à l’extérieur pour commander et manger de la nourriture. C’est définitivement le plus grand défi à surmonter pour une nouvelle compagnie de nourriture de rue. Quant à nous, nous travaillons tous à temps plein dans un restaurant (La Salle À Manger) donc nous sommes follement occupés durant l’été, mais heureusement nous n’avons pas à nous soucier de notre sécurité financière pour l’hiver.
5. Vous utilisez déjà Twitter et Facebook pour garder vos fans au courant des lieux et des événements à venir. Selon vous, décrivez quelle serait l’application idéale pour connecter les gens avec votre camion de nourriture (son emplacement, le menu, etc.).
- V.I. -
Les réseaux sociaux sont notre plus belle vitrine. Nous prenons soin de les tenir à jour, de discuter et répondre avec les gens qui nous suivent. Tout comme nous le faisons lorsqu’ils viennent nous voir au camion. Il faut en profiter, ça fonctionne super bien et surtout, c’est gratuit!! Nous avons créé une association L’AARQ (association des restaurateurs de rues du Québec). Éventuellement, nous allons avoir un site web et une application pour les téléphones intelligents. L’idée est de suivre et connaitre les emplacements des camions en temps réels avec une carte de la ville, avoir un portrait de chaque camion et de leur offre alimentaire.
- J.H. -
Comme la nourriture de rue elle-même, les applications existent déjà dans plusieurs villes à travers le monde. L’App parfaite serait un mélange entre Twitter, Facebook et Foursquare. Elle dirait aux gens l’emplacement de tous les camions de nourriture à Montréal, lequel est à proximité, quel genre de nourriture il sert, les heures d’ouverture, et une petite section pour des commentaires et des photos. Enfin, l’app doit être simple, gratuite et conviviale!
6. Que pourriez-vous apporter dans les rues de la ville que nos ventres n’ont jamais connu avant?
- V.I. -
Déjà d’avoir des camions est quelque chose qui ne se fait pas à Montréal, ce serait déjà une nouveauté en soi. Montréal est une ville gastronomique réputée pour la qualité et la variété de ses restaurants, nous voulons amener ça dans les rues. Au même niveau, même qualité. C’est une ambiance différente, discuter directement avec le chef pendant que l’on mange une bonne bouffe saine et fraiche c’est vraiment agréable et convivial. C’est ça le street food à Montréal, C’est frais, c’est maison, c’est de la qualité, pas de junk food ou de préemballé.

- J.H. -
Pas cher, varié, de la nourriture saine composée de produits locaux et saisonniers servis par des propriétaires de petites compagnies autosuffisantes de la ville… l’expérience d’un restaurant mobile qui peut titiller vos papilles gustatives dans les recoins les plus divers de la ville, de votre cours jusqu’au cimetière Côte-des-Neiges.

{ Amen }
Participez
Votre courriel ne sera jamais publié ou partagé. Les champs marqués d'une étoile (*) sont obligatoires.